Il n’est pas rare de voir que certains employeurs embauchent un UX designer inexpérimenté. Pourquoi ? Parce les Designers inexpérimentés viennent avec un regard neuf et le désir de changer les choses. Ils viennent avec le désir de façonner leur carrière. Mais, au lieu d’expérience, on leur demande des « soft skills » qui ont peu à voir avec le design, qui peuvent être cultivées avec un peu de coaching, et qui les aideront tout au long de leur carrière.

Si tu es un UX Designer débutant à la recherche de ton premier emploi, ce post est donc pour toi.

1. Abuse de la question « Pourquoi »

N’accepte pas le statu quo sans poser de questions. Pose des questions ! Demande pourquoi. ABUSE de cette question.

L’un des meilleurs arguments de vente des nouveaux employés est la valeur d’une nouvelle vision des choses. Utilise-les bien. Il est possible que les UX Designers Seniors, aient des systèmes et des rituels en place qui ne sont plus valables. Si toi, le nouvel employé, ne comprends pas pourquoi ils font les choses d’une façon, demande-leur systématiquement pourquoi. Cela pourrait les aider à découvrir les inefficacités qui doivent être corrigées.

Avaient-ils vraiment besoin de trois réunions d’équipe hebdomadaires pour couvrir des sujets adjacents ? Bien sûr que non. Il a fallu que tu soulèves la question pour qu’ils réalisent qu’ils peuvent tout faire en un seul meeting.

Ceci s’applique également aux produits. Ce n’est pas parce qu’un produit est conçu d’une certaine façon qu’il doit le rester. Au lieu d’accepter que la forme actuelle du produit est sa dernière et parfaite idéation, pose des questions sur les raisons pour lesquelles les choses sont telles qu’elles sont. Ensuite, imagine comment elles peuvent être améliorées.

Par exemple, il est souvent demandé aux nouveaux employés de documenter les failles et anomalies qu’ils découvrent au fur et à mesure qu’ils apprennent l’existence du produit. Cela permet de simplifier les produits, de réduire la redondance et d’optimiser les workflows lors de la première utilisation de ces produits.

Photo de baranq

Si tu te demandes pourquoi tu devrais poser autant de questions, lis cet article sur Sakichi TOYODA, créateur de la règle 5 pourquoi. Tu comprendras comment rapidement identifier les raisons et les faits des problèmes rencontrés.

2. Aie de l’empathie pour tes partenaires transversaux

Ce point est difficile à apprendre à l’école de design, mais il est très important dans la vie réelle. Surtout dans le domaine de la tech, tu te retrouveras très souvent à travailler avec des non-designers. Chaque décision de conception est prise en collaboration avec les ingénieurs, les chefs de produits, les ventes, le marketing, et ainsi de suite.

Bien qu’ils puissent sembler étrangers, apprend à comprendre les motivations, les besoins et les craintes de ces non-designers. Utilise tes talents d’UXdesigner pour vraiment comprendre quels sont leurs rôles et ce qu’ils espèrent accomplir. Cette information sera ta meilleure amie lorsque tu travailleras en collaboration avec eux.

Ta connaissance du design est ton produit et ces non-designers sont tes utilisateurs. Sois donc aussi empathique à leurs besoins que n’importe quel autre utilisateur pour qui tu aurais à décomposer des concepts.

Bien qu’ils puissent sembler étrangers, apprend à comprendre les motivations, les besoins et les craintes de ces non-designers.

Par exemple : tu travailles avec un ingénieur sur un design de tableau compliqué, et il n’arrête pas de repousser la solution que tu proposes. Après beaucoup d’aller-retours, tu te rends compte que c’est parce qu’il ne voulait pas briser la cohérence en développant un composant personnalisé et préférait de loin utiliser un composant de la bibliothèque standard à la place. Une fois que tu comprends le problème, tu peux trouver un moyen d’ajuster le composant standard pour votre cas d’usage et pourrez obtenir le même résultat final pour vos utilisateurs.

3. Sois ouvert à toutes sources d’idées

Oui, tu es le Designer, mais les idées sur la conception de ton produit/service peuvent venir de partout. Si tu ressens de la réticence à l’égard des idées des autres, parles-en à ton ego. Est-ce vraiment une mauvaise idée ou ton ego t’empêche-t-il de trouver une solution potentiellement bonne ?

Ne sois pas offensé si un ingénieur a des opinions sur un certain flux d’utilisateurs, ou si un chef de produit ne pense pas intuitivement que ton design fonctionnera pour l’utilisateur ciblé.

On se fait du tort en étant trop protecteur de notre discipline. Après tout, il est important pour tout le monde (pas seulement les designers !) de faire passer l’utilisateur en premier. Le fait d’être protecteur dessine des limites, alors que le fait d’être inclusif fait en sorte que tout le monde se sente concerné et soucieux du résultat final que tu mets dans les mains de nos utilisateurs.

On se fait du tort en étant trop protecteur de notre discipline.

Pour nous, UX Designers, cela signifie que l’UX doit développer un vocabulaire commun avec les ingénieurs et les chefs de produits. Lorsque nous sommes unis dans notre réflexion sur les cas d’usage et les parcours utilisateurs, et lorsque nous incluons tous les jalons UX dans nos métriques, les utilisateurs en ressentiront le bénéfice.

4. Comprendre qu’aucune idée n’est sacrée

Bon ! Tu as donc travaillé dur sur une solution de design et tu as toute la documentation qui prouve pourquoi c’est la bonne solution – mais pendant les tests, ton équipe découvre qu’il y a un problème central avec la valeur ajoutée de cette fonctionnalité.

Tu dois maintenant tout jeter et tout recommencer à zéro…

C’est dommage, mais c’est la bonne chose à faire. Il n’y a pas d’idée si sacrée qu’on ne puisse la jeter. Sois en accord avec ça.

Le processus de conception est rarement, sinon jamais, aussi linéaire qu’à l’école. Tom Broxton, UX Design Manager de renom travaillant chez Google, a fait ces croquis qui décrivent comment le processus de conception se déroule réellement.

Source : https://www.invisionapp.com/inside-design/first-ux-job/
Source : https://www.invisionapp.com/inside-design/first-ux-job/

5. Crois en ton travail

C’est le revers de la médaille. Sois ouvert d’esprit, mais ne change pas d’avis trop facilement non plus. Si tu as fait tes travaux et que tu as adopté une approche fondée sur des principes à l’égard de ton design, fais-toi confiance, car il y a de très bonnes chances que tu aies raison. Ou tu es au moins sur la bonne voie.

Lorsque tu crois en ton travail et en tes compétences, tu peux utiliser la critique négative comme un moyen de critiquer ton propre travail : comme le point de vue de quelqu’un, et non comme une critique objective.

Voici donc quelques règles simples :

Ne pas : rejeter les commentaires négatifs

À faire : Creuse profondément dans la critique reçue pour comprendre d’où elle vient et quel problème précis ils essaient de régler.

Évalue toujours ton design en fonction de cette critique, et compare avec ton point de vue si ton design répond déjà à leurs préoccupations.

Voici un exemple concret de ce que cela pourrait donner :

💬 Ce qu’ils ont dit : Nous ne pouvons pas faire descendre le tableau vers le bas parce que personne ne va scroll jusqu’en bas.

🤔 Ce que tu comprends : Nous devons nous assurer que les utilisateurs savent qu’il y a plus de données que ce qu’ils voient à première vue.

💡 Solution possible : Quelques indications qu’il y a plus de données disponibles lors du défilement.

6. Fais preuve de résilience

Tu entendras très souvent NON – de la part des intervenants, de la haute direction, et peut-être même de tes partenaires transversaux.

Tu es nouveau, ils ont de l’expérience. Ils ont beaucoup plus de connaissances sur les produits que toi, beaucoup plus d’historique, et ils pourraient même être coincés sur leur façon de voir les choses.

De façon juste ou injuste, tu feras face à une résistance à tes idées. Donc continue quand même à te montrer. N’hésite surtout pas à présenter et à défendre tes idées.

7. Renseigne-toi sur l’entreprise

Plus tôt tu commenceras à comprendre l’entreprise, plus tôt tu pourras présenter des idées plus convaincantes aux intervenants non designers.

Comprendre l’entreprise signifie comprendre trois choses :

  • Votre produit
  • Le marché concurrentiel
  • La réalité commerciale de votre entreprise

Comprendre le produit signifie que tu connais son histoire. Voilà l’essentiel de ce que tu dois connaître sur le produit :

  • Comment a-t-il commencé ?
  • Quelle est la prochaine étape de la roadmap ?
  • Quel problème est-il en train de résoudre ?
  • Quels sont ses objectifs ?
  • Comment ont-ils évolué au fil du temps ?

Ensuite, bien sûr, tu dois savoir ce qui est crucial pour ton travail :

  • Qui sont les utilisateurs ?
  • Qu’est-ce qu’ils disent de votre produit ?
  • Quelles sont ses limites techniques ?
  • Où la technologie se dirige-t-elle ?

Plus tôt tu commenceras à comprendre l’entreprise, plus tôt tu pourras présenter des idées plus convaincantes aux intervenants non designers.

Comprendre la réalité de l’entreprise, c’est savoir ce qui est important pour le CEO.

  • Quelle est la mission de l’entreprise ?
  • Quels sont leurs objectifs annuels ?
  • De combien d’employés votre produit a-t-il besoin ?
  • L’équipe travaille-t-elle à l’atteinte des résultats promis ?

Tout cela t’aidera à mieux comprendre tes parties prenantes et le rôle que joue le design dans le produit. Comme nous l’avons mentionné plus haut, plus tu en sais sur leurs objectifs et leurs contraintes, plus tu as de chances de créer des solutions qui fonctionnent pour vous tous.

Cela fait longtemps, mais je me souviens encore à quel point j’étais nerveux quand j’ai commencé mon premier emploi d’UX Designer en alternance. Cela peut être écrasant, bien sûr, mais le fait de se concentrer sur ces compétences peut aider à soulager la pression.